
... and the living is easy.
Comme une plante verte en mal de chlorophylle, je renais de mes cendres dès que le soleil pointe le bout de son nez de feu. C'est chimique. Le scénario de ma vie apparaît sous un jour totalement différent à la lumière de l'été. Question de point de vue, sans doute, mais peu importe, je déclare ici et maintenant que la vie lorsque la peau est moite, est décidément plus glamour, plus douce, plus indulgente.
Les amitiés sont plus présentes, les rires se déploient dans les gorges, on retombe en enfance, on se roule dans l'herbe, on fait des tourniques dans l'eau, on court dans les prés, on enterre ses pieds dans le sable, on lance des galets, on mange avec les doigts, on a de la paille dans les cheveux (ou dans mon cas, des cheveux de paille) et des piqûres de moustiques sur les fesses.
J'aime l'été et il me le rend bien: bras et cuisse gauches roses-crevette, une drôle d'aberration à mon âge, puisque je devrais pourtant connaître mon seuil de tolérance de rousse à la perfection. Quel faux-pas. Un peu comme se cuiter à en vomir après 30 ans, c'est plus permis. Punie je suis: ça démange, ça chauffe et on prie pour que ça ne pèle pas.
Je sais, je me répète, mais que voulez-vous, l'été me ramollit le cerveau et me laisse imbécile-heureuse le temps d'une courte saison.



















