
Ha ha! Après moultes années de dépendance me voilà sur le chemin (que dis-je, sur la route) de l'émancipation. Et bien oui, oyez, oyez bonnes gens, sachez qu'il est temps de mettre femmes et enfants à l'abri puisque: j'ai décidé de passer mon permis de conduire. Incroyable!
Parce que oui, sous de flagrantes apparences de femme indépendante et décidée (mais si), se cache une assistée de premier ordre, qui pour le moindre kilomètre à parcourir, se voit réduite à quémander l'assistance d'une bonne âme en mal de grands espaces. Alors bon, d'accord, j'ai un vélo... mais pour se faire une escapade au bord de la mer ou un rallye de montagne, c'est un peu léger. Je suis même, ô miracle, au bénéfice d'un permis de moto, mais là pareil, n'ayant ni l'âme ni l'allure d'une bikeuse de l'extrême, version gros cuir et barbe à la ZZ top, je suis donc bien limitée quant aux distances à parcourir en solitaire. Mais oui, en solitaire. Vous savez ces moments suspendus, seule dans une voiture, au beau milieu de nulle part et de la nuit (magnifique exemple de zeugma, bravo), de la musique à fond dans les haut-parleurs, chanter à plein-poumons en secouant la tête dans tous les sens. Alors ça oui, je l'ai déjà fait, mais jamais en solo, et je me réjouis drôlement.
Sauf que pour l'instant, je n'en suis pas encore là. Non point. C'est clair qu'avec 2 heures de conduite accompagnée au compteur, c'est pas demain la veille que je vais me traverser les plaines de l'Arizona toute seule comme une grande.
Ceci dit, j'ai de la chance, puisque des gens, des gens qui me sont proches et que j'aime, acceptent de venir risquer leur vie sur le siège passager histoire de m'enseigner les rudiments des ces impressionnantes machines. "Alors, ouvre tes oreilles: ceci est un accélérateur, ceci est un frein, etc." Ah ben oui, quand je dis que je débute, je débute vraiment. N'empêche que, sans me jeter des fleurs, je me trouve particulièrement douée. Cela ne semble impressionner que moi, mais peu importe, je mérite le trophée de la conductrice innée.
Les choses que je maîtrise:
- comme si j'avais fait ça toute ma vie: embrayage-accélérateur-démarrage, tout bien, sans sursauts, ni calage involontaire. Bravo!
- passage des vitesses
- démarrage en côte (à Lausanne, ça aide)
- calme et sérénité (pour moi, pas pour le passager)
- bonne apréhension de la route en générale
Les choses que je ne maîtrise pas:
- tout le reste?
- le pied un peu lourd sur le frein
- quand je veux passer la 3ème, je m'emmêle les pinceaux
- marche arrière... surtout en côte
- visualisation du véhicule. Je m'explique: j'ai l'impression d'être aux commandes d'un char d'assaut et j'ai du mal à estimer la largeur du tank.
Les frôlements de catastrophe:
- jamais?
- bon d'accord... 2 heures derrière un volant et j'ai déjà failli démolir l'arrière de la caisse. Mais c'est pas ma faute: démarrage en côte ET en marche arrière, ça fait un peu beaucoup. Alors forcément, j'appuie "un peu fort" sur l'accélérateur et forcément j'avais "un peu" pas du tout vu le petit muret derrière.
Bientôt, la suite de mes aventures routières. On the road again.